CHANGEMENT CLIMATIQUES: COP 27 .Fotso Fostine, Docteur en Droit Pénal de l’Environnement de l’Ecole Doctorale de Lyon 3 Jean Moulin – France, Avocate au Barreau du Cameroun et Députée Honoraire répond aux questions d’actualité internationale liée aux changements climatiques

A la première question de savoir Pourquoi c’est en Egypte que se déroule la COP 27? Est ce que le choix de ce continent vous semble très indiqué ou approprié pour abriter cette rencontre, lorsqu’on sait que c’est le continent qui pollue le moins ?

La docteure en la matière  dit effectivement, que la COP27, 27ieme  Conférence Internationale sur le changement climatique, se tient dans un pays du continent africain à savoir, l’Égypte. Cette conférence internationale s’est tenue à Charm el-cheikh du 6/11 au 18/11/2022.

Maintenant, pourquoi l’Afrique comme point de chute de cette rencontre alors qu’elle pollue le moins ? La Dame aux multiples casquettes fait remarquer que le continent africain est durement frappé par les conséquences du changement climatique, à l’origine d’une majorité des émissions de gaz à effet de serre par les pays développés. Que les pays africains espèrent donc une reconnaissance des pays développés des dommages causés sur le continent africain. Elle ajoute que la rencontre de l’Égypte consiste donc à rééquilibrer l’agenda climatique actuel, et de veiller à ce qu’il protège les intérêts de tous les habitants de la planète, au lieu de se concentrer uniquement sur la préoccupation des pays déjà développés.

Le choix de l’Egypte pour abriter la COP 27 sur les changements climatiques peut prêter à complexités selon elle:

– Il aurait peut-être fallu qu’elle se tienne dans les pays les plus pollueurs (Inde, USA, Chine…), afin de mieux les sensibiliser et les mettre devant leurs responsabilités.

-Ce choix de l’Egypte comme  hôte peut aussi être perçu comme un encouragement, une reconnaissance aux pays moins pollueurs, pour les sensibiliser et reconnaître leur rôle de gardiens et de grands  garants de  l’environnement mondial, à mon humble avis dit-elle.

Interview menée par William Badié de la CRTV.

La suite des réponses aux 8 autres questions à lire absolument dans le journal le Quotidien de Jules Ngaba. Très intéressant.

Protocole d’interview adressé à *l’honorable Dr. Maître Fostine FOTSO.*

Sujet : Changements climatiques, COP 27.

Bonjour Dr et merci de répondre aux questions de William Badié de la Crtv. Avec vous nous abordons ce sujet d’actualité internationale lié au changement climatique.

1- C’est en Egypte que se déroule la COP 27. Est ce que le choix de ce continent vous semble très indiqué ou approprié pour abriter cette rencontre, lorsqu’on sait que c’est le continent qui pollue le moins ?

2-  l’Afrique comme le reste des continents fait face aux désagréments causés par les changements climatiques. C’est également le continent qui cherche à rattraper son retard dans le développement. Comment concilier aujourd’hui le développement économique et surtout industriel, avec la protection de la nature ?

3- les énergies vertes sont jusqu’ici peu accessibles aux populations de ce continent qui aspire d’ailleurs à l’émergence. Que prévoient les pays riches et détenteurs des technologies dans l’accompagnement des États Africains.

4- Pourquoi met-on aujourd’hui, la jeunesse est aux avants postes dans le combat pour la protection de l’environnement?

5- La jeunesse c’est l’avenir, mais pour l’heure nous avons des dirigeants qui sont conscients bien des risques liés aux changements climatiques. Qu’est qui fait problème dans le respect du protocole de Kyoto par ces puissances industrielles ?

6- Est ce que les nations unies disposent des moyens de répression face à ces pays pollueurs.

7- le bassin du Congo et la forêt d’Amazonie constituent un moyen de régulation de la nature.

Quelles sont les actions menées aujourd’hui pour les protéger.

8- pour revenir au Cameroun, quels sont les initiatives promues par le gouvernement dans la protection de la nature ?

9- Votre mot de fin.

Dr Merci d’avoir répondu à nos interrogations.

*Interview menée par William Badié*

1) Effectivement, la COP27, c’est-à-dire  la 27ieme  Confèrence Internationale sur le changement climatique, se tient dans un pays du continent africain à savoir, l’Égypte. Cette conférence internationale se tient à Charm el-cheikh depuis le 6/11, et ce jusqu’au 18/11/2022.

Maintenant, pourquoi l’Afrique comme point de chute de cette rencontre alors qu’elle pollue le moins ?

Il faut déjà remarquer que le continent africain est  durement frappé par les conséquences du changement climatique, à l’origine d’une majorité des émissions de gaz à effet de serre par les pays développés. Les pays africains espèrent donc une reconnaissance des pays développés des dommages causés sur le continent africain. La rencontre de l’Égypte consiste donc à rééquilibrer l’agenda climatique actuel, et de veiller à ce qu’il protège les intérêts de tous les habitants de la planète, au lieu de se concentrer uniquement sur la préoccupation des pays déjà développés.

Le choix de l’Egypte pour abriter la COP 27 sur les changements climatiques peut prêter à complexités :

– Il aurait peut-être fallu qu’elle se tienne dans les pays les plus pollueurs (Inde, USA, Chine…), afin de mieux les sensibiliser et les mettre devant leurs responsabilités.

-Ce choix de l’Egypte comme  hôte peut aussi être perçu comme un encouragement, une reconnaissance aux pays moins pollueurs, pour les sensibiliser et reconnaître leur rôle de gardiens et de grands  garants de  l’environnement mondial, à mon humble avis.

2) Les états africains ont certes besoin d’un bon appui important dans leur  développement, pour le maintien de la stabilité sociale. Toutefois,  il faut penser à la protection de la nature dans la réalisation des projets de développement industriel par exemple.

Comment concilier donc le développement industriel au respect des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), la protection de la nature pour les générations futures ?

Ceci passe par ce qu’on appelle en économie, la maturation des projets. C’est à dire, avant l’implantation d’une industrie, il faut étudier de fond en comble, tous les aléas qui peuvent tourner autour de l’implantation du projet. Cela passe  par l’étude des impacts environnementaux. C’est le cas des barrages, des industries extractives etc.

L’Afrique fait effectivement aussi face aux désagréments des changements climatiques, sans en être l’auteure principale : certainement parce que son tissu technologique et industriel n’est pas très étoffé. Maintenant, comment rattraper son retard sur ce plan, en conciliant ce projet (c’en est un) avec la protection de la nature ?  Une piste évidente est une innovation technologique de pointe plus écologique en Occident, à partager absolument avec Afrique pour une fois. Il faut bien que les pays industrialisés nordistes se montrent moins protectionnistes et égoïstes, en acceptant un transfert réel des technologies vers les pays du Sud.

3) Les énergies vertes ou encore appelées les énergies renouvelables, sont alimentées par le soleil, le vent, la chaleur de la terre, les chutes d’eau, les  marées, le bio carburant… Ces énergies permettent de produire de l’électricité, de la chaleur, du froid, du gaz, du courant….

Maintenant, pour que ces énergies servent effectivement à l’émergence des pays africains, les pays riches détenteurs de la technologie doivent contribuer par des formations de nos ingénieurs, le transfert réel de technologies, les accords de financement de construction d’ouvrages aux normes écologiques … C’est en quelque sorte un accompagnement qui rentre dans le cadre normatif de la coopération bilatérale ou multilatérale entre l’Afrique, les états, ses partenaires au développement.

Je viens de donner un début de réponse à votre question. Les pays riches  n’ont pas une volonté sincère de transférer leurs technologies, parce qu’ils veulent toujours plus de valeurs ajoutées pour eux, quitte à garder Afrique vierge, comme leur ballon d’oxygène, pendant qu’ils polluent sans vergogne. Et c’est vraiment dommage.

4) La  jeunesse c’est le fer de lance de la nation. Puisqu’il faut protéger l’environnement pour le bien des générations futures qui viendront après cette jeunesse d’aujourd’hui; qui a eu la possibilité de trouver un environnement fiable du fait des aînés qui ont fait le même travail pendant qu’ils avaient leur âge. Et puis, il faut montrer à cette jeunesse l’importance de la protection de la nature, étant attendu que c’est elle qui fait  le futur, l’avenir de nos états.

La jeunesse est résolument l’avenir, le fer de lance qui  prendra la relève. Elle doit vivre dans un environnement sain quand nous, les parents ne seront plus. Il est donc normal de les sensibiliser et de  les préparer aux défis environnementaux de demain.

5) Signé le 11/12/1992 au Japon, le protocole de Kyoto engageait plus d’une trentaine de pays industrialisés dans une démarche de réduction des émissions de gaz à effet de serre, afin de limiter le réchauffement climatique.

L’objectif de ce protocole est la stabilisation des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, à un niveau qui n’entraîne pas des conséquences dangereuses pour l’environnement et la bonne santé de l’homme.

Toutefois, ce qui fait problème dans le respect du protocole de Kyoto par les  puissances industrialisées est:

– la faiblesse au niveau des objectifs fixés. 1/3 seulement des émissions mondiales sont couvertes par l’accord.

– le non engagement quantifié de certaines  puissances  industrialisées dans le Protocole. C’est l’une des raisons pour laquelle les Etats-Unis refusent par exemple de ratifier le protocole. On peut citer d’autres géants de l’industrie mondiale tels la Chine, Russie, Inde, Canada…).

Regardez ce qui se passe au Brésil avec la déforestation de la forêt amazonienne, en Inde avec les émanations de gaz et fumée à New-Delhi ou à Calcuta. L’industrialisation à outrance, le capitalisme sauvage, la course toujours effrénée aux profits, à la compétitivité… Autant de raisons qui brisent le respect du protocole de Kyoto par les puissances industrielles, et compromettent tout simplement la vie sur terre.

6) En droit des obligations, il est reconnu que tout contrat, accord…est une affaire de parties. Si les nations Unies ne sont pas partie au protocole de Kyoto pour ne l’avoir pas ratifié, comment est-ce qu’elle peut agir face aux pays pollueurs (qui ont ratifié ou pas le protocole) ? En outre les Nations-Unies sont elles-mêmes parmi les pollueurs. Nous pensons que dans ces conditions, il sera difficile pour les Nations-Unies de jouer le rôle de gendarme auprès des autres pollueurs, elles mêmes n’étant pas un bon exemple de respect de l’environnement.

Les moyens coercitifs des Nations unies restent en réalité bien limités. Parce que les « meilleurs pollueurs » en sont justement les principaux membres, secret de Polichinelle. Il faut une réelle et farouche volonté mondiale, une grande prise de conscience de ces pays, pour renverser la tendance.

7.) Il est au préalable important pour les téléspectateurs qui nous suivent d’être situés sur la position géographique de la forêt de  l’Amazonie et du Bassin du Congo.

L’Amazonie d’une manière générale, est une vaste région située en Amérique du SUD et traversée par le fleuve le plus important du monde en débit, et le deuxième en longueur, l’Amazone en l’occurrence.

Quant à la forêt du Bassin  du Congo, il est en Afrique Centrale et est le second massif forestier tropical après la forêt d’Amazonie. Elle couvre près de 3 millions de km2 et est partagée entre 6 pays (Cameroun, RCA, République du Congo, la RDC, Gabon, Guinée équatoriale).

Quant aux actions pour protéger ces deux espaces, on peut citer :

  1. Les actions à mener pour protéger la forêt d’Amazonie, soit :

* Diminuer sa consommation de viande

* Acheter du bois local

* L’appui des ONG à la protection

* Planter les arbres et réduire sa consommation de papier pour lutter contre la déforestation…

  1. Les actions pour la protection du bassin du Congo, soit

*Lutte contre la déforestation en proposant l’alternative par exemple de la butanisation (utilisation domestique du gaz)

* Lutte contre l’exploitation abusive et illégale du bois

*Appeler les pays  industrialisés à financer les barrages de la RDC pour réduire la pression sur le 2nd poumon vert de la planète après l’Amazonie.

Ce sont ceux là mêmes qui polluent le plus qui coupent des milliers des  hectares de forêt dans le Bassin du Congo et en Amazonie. N’oublions pas les incendies fréquents et autres effets de serre que nous observons surtout en Europe et  aux États-Unis, qui avec désolation achèvent les destructions de l’eco système. Il faut une véritable politique mondiale engagée, avec des actions fortes, contraignantes, punitives inclusivement pour protéger ces grandes réserves d’oxygène mondiales.

Le Cameroun de par son gouvernement montre sa très large volonté dans le cadre de la protection de la nature.

Des actions quotidiennes :

Ici nous avons la lutte contre l’exploitation et la sauvegarde de la forêt (saisie des essences forestières et autres), gestion rationnelle de l’eau dans l’agriculture, l’interdiction des emballages non biodégradables (des saisies dans les marchés et autres espaces marchands).

Des actions institutionnelles :

La création depuis 2012 de  tout un ministère de l’environnement de la protection de la nature et du développement durable (MINEPDED). Ce ministère a mis sur pied un programme national de sensibilisation et d’éducation à l’environnement (PNSEEE) en 2014.

En dehors du plan national d’adaptation aux changements climatiques (PNACC, lancé le 15/06/2012), l’observatoire national sur les réchauffements climatiques (ONACC, lancé en juin 2015), ont été créées pour concourir à une gestion efficace de l’environnement et des ressources naturelles, avec pour finalité le développement durable.

Des actions fiscales:

Dans l’optique de Lutter contre la pollution atmosphérique des véhicules, la circulaire N°0001/C/MINFI du 28/12/2016 portant instructions relatives à l’exécution des lois des finances, l’importation des véhicules d’occasion d’un certain âge (plus  de 10 ans) est explicitement découragée, en faveur des voitures moins vieilles et moins polluantes, pour un secteur des transports terrestres plus respectueux de l’environnement. Depuis 2017, les véhicules de moins de 10 ans sont exonérés des droits d’assises.

Ces actions fortes de l’Etat dans sa politique de protection de l’environnement sont loin d’être exhaustives.

Le gouvernement camerounais peut et doit mieux faire. Il faudrait déjà réduire l’exportation du volume des grumes, en  en encourageant les sciages et débits sur place, ce qui procurerait des emplois aux jeunes. Promouvoir les produits finis du bois pour  améliorer la valeur ajoutée et notre balance commerciale. En amont, améliorer le système d’abattage en protégeant les jeunes plants d’arbre, procéder systématiquement au reboisement…

9/ Le mot de fin est en quelque sorte une exhortation pour ce qui est des assises de la COP27 qui se tient en Egypte.

Que les géants industriels du monde prennent conscience de leur qualité de pollueurs mondiaux et de l’Afrique, le continent qui subit en priorité. Pour cela, trouver un équilibre dans la protection des états africains contre l es méfaits de la pollution mondiale. En effet, un environnement pollué est un danger pour tous les êtres vivants (humains, animaux).

Nous devons comprendre que  nous respirons le même air, riches comme pauvres, et en mourrons au même titre, si sa qualité se détériore dangereusement. Nos sorts sont liés sur ce plan, industrialisation ou pas.

Alors, il urge que toutes les nations lèvent le pied sur L’industrialisation anarchique, et réfléchissent sérieusement à se mobiliser de concert pour la protection de la planète terre.

Je vous remercie

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