Douala : la responsabilité et la sécurité du journaliste au centre d’un atelier

Les 27 et 28 Juin 2024, 30 hommes et femmes de médias, venus des régions de l’Ouest, du Littoral, Nord – Ouest et du Sud – Ouest, ont partagé leurs expériences et connaissances sur  la responsabilité et la sécurité des  journalistes.

Comme de tradition, cette rencontre de mise à niveau des journalistes a été organisée  par l’ambassade des États-Unis au Cameroun, ainsi qu’elle a touvé des personnes ressources pour l’animation de chacune de ses articulations. La crise socio politique dans les régions du Nord Ouest et du Sud Ouest est loin d’être résolue ; les enjeux politiques actuels et ceux de 2025, ce sont entre autres théâtres d’action dans lesquels les acteurs des médias doivent s’y  retrouver, afin de restituer les faits aux consommateurs.

Très souvent, l’exercice du métier de journaliste dans un contexte d’extrême méfiance et de violentes rivalités entre acteurs du jeu, ne se fait pas sans risques, à des divers niveaux de gravité. Pourtant, ces seigneurs de la plume, du micro et de la camera doivent absolument y être pour collecter, traiter et diffuser l’information sans jouer le ‘’héros mort ». «  Un journaliste mort est mort… », a martelé Daniel Anicet Noah, encadreur, enseignant d’universités ;  et surtout journaliste chevronné et pétri d’expérience théorique et pratique du métier. Il a été invité par l’organisateur de l’atelier, pour distiller son bagage scientifique et tirer les cadets vers les hauteurs du journalisme.

 

« Le journalisme responsable et la sécurité des journalistes », c’est le fil rouge qui a sous tendu les échanges. Il faut noter en passant que, la séquence protocolaire, a été marquée par le mot d’ouverture de Bouba Monglo, l’un des responsables en charge de la communication à l’ambassade des États-Unis au Cameroun.

Comment exercer le métier et produire des articles impartiaux, dans un environnement sujet à l’insécurité ? Comment s’y prendre sans se faire broyer physiquement ou psychologiquement par l’une ou les force(s) en présence ? Ainsi pouvait se résumer l’animation très interactive de Lisa Bryant, venue des États-Unis.

Pointue sur des questions politiques, environnementales et de développement ; ancienne correspondante des médias dont Voice of America, The Washington Times ; par le passé, encadreur dans un institut de Journalisme à Paris entre autres, Lisa Bryant qui jouit de plus d’une vingtaine d’années de parcours,  a puisé dans ses expériences vécues aussi en Afrique de l’Est, pour structurer son exposé. C’était avant  tout,  des échanges entre pratiquants d’un même métier, dans des environnements différents ; mais quelques fois, confrontés aux réalités presque similaires. Aussi des travaux en groupes sur des sujets contextuels. «  J’ai aussi appris, beaucoup appris de vos différentes expériences… », a-t-elle réagi à l’issue de la rencontre. Effectivement, on aura écouté pour enrichir ses connaissances, les cas vécus par les confrères et consœurs des régions du Nord – Ouest et Sud – Ouest, les témoignages sur les mouvements socio politiques dans le département du Noun et bien des situations connues  dans  d’autres localités  du Cameroun. Comment  planifier la couverture des événements à risques et comment contourner ou affronter les éventuelles sources d’insécurité ; tel était l’objectif.

 

Quant à Linda Hervieux, journaliste, photographe, écrivaine et enseignante d’universités, c’est selon une approche andragogique que la pédagogue a promené les participants dans l’univers du numérique pour leur faire découvrir quelques uns des antidotes aux fake news ; en un mot,  le fact checking. Des astuces pour détecter les photos et vidéos générées par l’intelligence artificielle. Il s’est agit du comment sécuriser ses informations et s’outiller pour affronter toutes les pratiques, tendant à dénaturer les faits dans l’optique, d’altérer l’information utile dont le peuple a besoin pour construire son opinion. La responsabilisation du journaliste passe désormais par la maîtrise du numérique et la bonne connaissance des réseaux sociaux, dont il peut se servir pour produire des articles irréprochables du point de vue des exigences de la  déontologie du métier.

Cet exercice de Douala arrive à point nommé. Il peut être considéré comme étant un élément de mise en condition intellectuelle et surtout professionnelle des journalistes, en vue des élections de 2025, qui s’annoncent  très difficiles, voire conflictuelles dans certaines importantes localités du pays.

Seul bémol, cet atelier a une fois encore révélé des efforts que quelques hommes et femmes de médias devraient fournir pour maitriser les deux langues officielles du Camerounais, que sont l’anglais et le français.

© Alexis Yangoua

 

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