Coronavirus: la Chine rend hommage à ses « martyrs », le port du masque recommandé aux Etats-Unis

Trois mois après l’apparition de l’épidémie sur son territoire, la Chine a rendu hommage samedi aux victimes chinoises du Covid-19 qui à ce jour a tué plus de 57.000 personnes dans le monde, a

Trois mois après l’apparition de l’épidémie sur son territoire, la Chine a rendu hommage samedi aux victimes chinoises du Covid-19 qui à ce jour a tué plus de 57.000 personnes dans le monde, avec les Etats-Unis désormais comme épicentre de la maladie, où les autorités recommandent le port du masque généralisé.

Selon des scientifiques du gouvernement américain, il ne fait plus guère de doute maintenant que le nouveau coronavirus est transmis par voie aérienne quand « les gens ne font que parler ».

Cette transmission expliquerait l’extrême contagiosité apparente du virus, avec un nombre de cas de contamination qui a doublé ces dix derniers jours sur toute la planète pour dépasser le million (plus de 1.082.470) dans 188 pays et territoires au total.

Samedi, la Chine commémorait les 3.326 « martyrs » qui ont officiellement trouvé la mort durant l’épidémie, apparue en décembre dernier à Wuhan (centre), ville de 11 millions d’habitants qui a enregistré l’essentiel des décès. A 10H00 locales (02H00 GMT), les sirènes ont résonné pendant trois minutes partout dans le pays le plus peuplé du monde.

La maladie est désormais jugulée dans le pays, avec uniquement quelques nouveaux cas annoncés chaque jour, la quasi-totalité du fait de personnes venant de l’étranger. La quarantaine drastique a commencé à être levée, mais les doutes persistent sur un bilan humain peut-être beaucoup plus élevé, et les autorités communistes font face à des accusations de mauvaise gestion au début de l’épidémie, qui aurait rendu possible sa propagation à toute la planète.

– Infecté en parlant-

Avec près de 1.480 morts ces dernières 24 heures, bilan quotidien le plus élevé jamais enregistré dans un seul pays, les Etats Unis se retrouvent aujourd’hui sur la ligne de front face à la pandémie.

Une femme passe devant une fresque murale dans un quartier de Miami, le 3 avril 2020(c) AFP/CHANDAN KHANNA

Le Covid-19 y a déjà tué environ 7.400 personnes et devrait y faire entre 100.000 et 240.000 morts, selon la Maison Blanche, alors que les Américains bâtissent des hôpitaux de campagne de Los Angeles à Miami, avec des milliers de lits supplémentaires de réanimation.

Le président Donald Trump a appelé vendredi ses concitoyens à se couvrir le visage à l’extérieur, même s’il a rappelé qu’il ne s’agissait « que de recommandations » que lui-même ne suivrait pas.

Le directeur de l’Institut des maladies infectieuses Anthony Fauci, membre de la cellule de crise de la Maison Blanche, a évoqué des données indiquant que « le virus peut en réalité se transmettre quand les gens ne font que parler, plutôt que seulement lorsqu’ils éternuent ou toussent ».

Ceci alors qu’il apparaît que les personnes infectées mais sans symptômes représentent peut-être le quart de tous les contaminés, et sont responsables d’une grande partie des contagions, à leur insu.

Un ouvrier municipal dans un cimetière de Bogota, le 3 avril 2020(c) AFP/Guillermo MUNOZ

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’est jusqu’à présent montrée plus prudente à ce sujet. Les déclarations américaines ne devraient cependant pas manquer de relancer le débat sur le port du masque, alors que le discours officiel a changé dans plusieurs pays cette semaine, au risque d’alimenter la confusion du public, voire des accusations de mensonge.

Vu d’Asie, où les masques chirurgicaux sont omniprésents, le retard des pays occidentaux est une aberration. Mais les autorités sanitaires aux Etats-Unis ou en France, ainsi que l’OMS, arguaient que le masque n’était pas nécessaire pour les personnes saines, sauf si elles étaient au contact de malades.

Le débat ne devrait pas manquer également de relancer la course planétaire à l’achat des précieux masques chirurgicaux, que certains pays -confrontés à la pénurie- s’arrachent désormais et jouent des coudes pour s’approvisionner en Chine, suscitant d’inattendues crispations diplomatiques entre nations occidentales

-Même aux Malouines-

L’Europe reste pour le moment le continent le plus touché, avec plus de 40.000 décès, selon un comptage de l’AFP: l’Italie, pays le plus endeuillé et dont le nord est ravagé par la maladie, a officiellement enregistré 14.681 morts, l’Espagne 11.744, la France 6.507 morts et le Royaume-Uni plus de 3.600 morts.

Dans ce dernier pays, où le gouvernement a été critiqué pour sa gestion de la crise, un nouveau triste record de 684 décès en 24 heures a été enregistré vendredi, et la reine Elisabeth II doit prononcer dimanche une rarissime allocution.

Alex Kalemera, alias Tanzania Joker pose devant un photographe pour avertir des dangers du coronavirus, à Dar es Salaa(c) AFP/Ericky BONIPHACE

Le seul espoir est celui d’un ralentissement de la propagation du virus après maintenant des semaines de confinement quasi-généralisé auquel ont dû se résoudre les pays les plus touchés.

Samedi, l’Espagne a enregistré en 24 heures 809 décès dus au Covid-19, un chiffre en baisse pour le deuxième jour consécutif, selon le bilan publié samedi par les autorités.

Pour autant, les mesures de restrictions doivent être maintenues, ont souligné les autorités sanitaires de ces pays concernés à la veille des fêtes et vacances de Pâques, principale fête chrétienne de l’année.

– Marvel repoussé –

Les îles Malouines, territoire britannique dans l’Atlantique Sud, ont annoncé samedi leur premier cas.

Plus d’un million de personnes dans le monde ont été testées positives au nouveau coronavirus, une fraction du nombre réel de malades, un grand nombre de pays ne testant que les cas graves. La moitié de l’humanité est désormais soumise à des mesures de confinement.

Coronavirus : les pays africains diversement préparés(c) AFP/Valentine GRAVELEAU

La Thaïlande est la dernière nation en date à avoir rejoint ce groupe ce vendredi, en instaurant un couvre-feu nocturne.

C’est dans les pays en conflit que le « pire est à venir », a averti le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. En Afrique –où le président du Niger Mahamadou Issoufou a réclamé « un plan Marshall » pour le continent– et dans d’autres pays du monde dépendant des importations pour leur nourriture et des exportations pour les payer, des centaines de millions de personnes sont menacées de pénuries alimentaires, a également prévenu vendredi l’ONU.

Les mesures de confinement, parfois très strictes, ont des conséquences économiques et sociales catastrophiques, avec un chomâge qui explose dans de très nombreux pays. Et une vie culturelle ou de loisirs désormais largement entre parenthèse: habituellement un évènement planétaire, Disney a décidé de repousser la sortie d’une douzaine de films Marvel et autres grosses productions de ses studios.

Par Thomas URBAIN et les bureaux de l’AFP dans le monde | AFP

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